Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “minis­tre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.

Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...


samedi 31 mars 2012

2ème lettre du catholique


Vous ([1]) ne trouverés dans cette lettre, que quelques courtes Reflexions sur les faibles réponses, que vous faites aux solides raisons, que.Je vous avois proposées. Je vois Bien, et Je le.Vois pénétré de la plus Vive douleur, que dans les dispositions d'esprit et de Cœur, ou Vous paroissés etre ; Je ne Vous ramenerai pas, mais j'ay craint, que si Je gardois le silence ; vous ne crussiés, que Je n'avois rien à Répondre. Commençons en suivant de Point en Point votre lettre
le. Les absurdités et les contradictions, que Vous nous attribués sont autant de fausses Imputations, nous ne disons pas que J.C. assis à table étoit Un, et n'étoit pas Un, qu'il etoit tout à la fois Vivant et mort, crucifié, avant qu'il le fut, que nous le recevons tel qu'il fut surla Croix, c'est à-dire rompu et déchiré, et qu'enfin II se mangea, ou du moins qu'il pouvoit se manger luy meme : nous disons rien de tout cela : mais voyez ce que nous disons : que par l'opération toute puissante du St esprit. Le meme corps, qui etoit assis dans le cenacle, etoit caché sous les apparences du Pain et du Vin Consacrés, que le meme corps, qui était Vivant dans le Cenacle ; etoit aussi Vivant mais caché sous les apparences du pain et du Vin, et qu'il n'y etoit point sous la forme et la realité d'un Corps Rompu et déchiré : nous disons enfin, que J.C. ne se mangea point, et qu'il n'avoit gardé de se man­ger, parce qu'il n'Instituait ce Sacrem.t que pour Servir de nourriture à ses disciples, non à luy meme
2e vous avés beau tourner et Retourner sur les ceremonies de la Pasque Judaique II Reste toujours, que J.C. en donnant à ses Apôtres le pain et le vin consacrés a dit Cecy est mon corps Cecy est mon Sang ; que le sens pro­pre et literal de ces paroles est ; que ce que J.C. donnoit à ses Apôtres etoit son veritable Corps, son veritable Sang, et qu'il n'est pas permis de s'écar­ter du sens literal, sans une raison



[1] Réponse du catholique. Il s'agit de la dernière lettre de sa main dont nous disposons. La suite de la correspondance ne nous présentera plus que les textes du frère protestant.