Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “minis­tre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.

Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...


dimanche 29 avril 2012

Lettre 1 du catholique

                                                                                                    
                                                de la transubstantiation *
Jésus Christ dans la dernière Cène qu'il fit avec ses Apôtres prit du pain et du vin, les leur présenta en disant prenés et mangés, ceci est mon corps, ceci est mon sang : quel est le sens propre et littéral de ces paroles ? n'est ce pas celuy cy ? Ce que je vous présente est mon propre corps, mon propre sang, vos ministres disent que ce n'est que la figure du corps et du sang de J.C.. mais n'est ce pas faire violence à la signification des termes ? J.C. après avoir changé l'eau en vin aux noces de Cana avait présenté à boire aux conviés, en leur disant, beuvès, cecy est du Vin, seroit ce la figure du vin, et non du vin véritable, qu'il auroit présenté ? Un homme, qui auroit le secret de changer le plomb en or, et qui après avoir opéré en présence d'une multi­tude montreroit aux assistans une pièce de plomb, sur laq.le II auroit opéré, en disant tenès, voila une pièce d'or, ne seroit il pas censé dire ? cette pièce qui m'étoit auparavant que de plomb est maintenant de véritable or et ne seroit ce pas le traiter d'Imposteur et d'homme qui abuse des termes, que de dire, prenés garde ce que cet homme appelle or, n'est que la figure de l'or, faites maintenant aux paroles de J.C. l'application de ce que je viens de dire, et vous trouverés, que la comparaison est entière, mais, disent vos ministres, ne donne-t-on pas souvent à la figure le nom de la chose signifiée, et au continent le nom de la chose contenue ? ouy sans doute mais quand ? Lorsque la figure est la représentation de la chose : c'est ainsi qu'on dit, voila le Roy, en montrant son portrait, ou lorsque le commun usage a introduit parmi les hommes certaines manières de parler, et de s'entandre : c'est ainsi qu'en présentant un verre plein de vin, on dit prenès, voyla du vin. mais le pain et le vin ont ils jamais été regardés comme des portraits représentants le corps et le sang d'un homme ; y-a-t il jamais eu dans le monde un langage selon leq.l le pain et vin signifiassent le corps et le sang de l'homme.
mais, ajoutent vos ministres, les Apôtres étoient suffisem.t déterminés à croire, que ce n'etoit là que la figure du corps et du sang de leur divin maî­tre, par l'Impossibilité, qu'il y avoit, que ce fut son véritable corps, son véritable sang, et moy je soutiens, que les Apôtres entandants J.C. ; dire en termes 


[*] Dans notre travail de transcription, nous avons respecté la formulation des phrases, la ponctuation et l'orthographe.

samedi 28 avril 2012


formels et exprès, ceci est mon corps, ceci est mon sang, convaincus d'ailleurs de la toute puissance, ne pouvint sans crime penser que ce ne fut là son véritable corps, son véritable sang, parce qu'ils devoint penser et croire que ce qu'ils ne comprenoint pas, n'etoit pas moins vray, puisque . J.C. dont la puissance surpasse toute Intelligence humaine les en assuroit : et ou en serions nous ? Si nous détournions en des sens figuratifs bien des mystères incompréhensibles et que nous regarderions comme Impossibles, si nous n'avions pour garant la Parole de J.C. nous croyons, ajoutent encore vos ministres, que dans la cène, nous sommes faits participans de la propre subtance du corps et du sang de J.C., que nous en sommes nourris et vivifiés... mais de quelle substance parlent ils ? est-ce d'une substance réele et véritablem.t présente à la Cène ? non, Repondent ils, cette substance ainsi entandue n'est que dans le ciel, et nul­lement présente dans le lieu où nous célébrons la Cène : vous ne mangés donc pas, vous ne Beuvès donc pas veritablem.t et réellement le corps et le sang de J.C. une viande, un sang doivent etre présents pour etre réelem.t et véritablem.t mangé et Beu. Vous ne prenès donc pas les paroles de J.C. dans leur sens propre et literal.                                                                  
pour nous catholiques, nous nous entenons à ce principe généralem.t récu, que dans l'Interpretation des Ecritures il faut s'attacher au sens pro­pre et litéral, à moins d'une raison évidente, qui persuade le contraire. J.C. nous dit expressem.t que ce qui entre ses mains avoit l'apparence du pain et du vin, étoit son corps et son sang ; intimem.t persuadés qu'il est la vérité même Incapable de vouloir nous Induire à erreur, qu'il est de plus tout puissant, capable d'opérer les prodiges les plus Incompréhensibles, nous croyons d'une foy ferme et Inébranlable, que ce qui etoit auparavant pain et vin, est changé par l'efficace de ses paroles en son corps et en son sang, ainsi qu'il nous en assure luy même, en disant, prenés et mangés, ceci est mon corps ceci est mon sang.
Du reste ne croyés pas, que dans ces derniers termes nous soyons les seuls qui donnions aux paroles de J.C. une pareille interprétation. Les differentes Eglizes chrétiennes dispersées dans toutes les parties du monde, quoy- que la pluspart separées depuis bien des siècles de la communion de l'eglize Romaine, conviennent avec elle dans le point, que par les paroles sacra­menteles prononcées par le prêtre, le pain est changé en corps de J.C. et le vin en son sang. C'est la croyance des moldaves, des moscovites, des grecs schismatiq, des arméniens, des syriens, des nestoriens répandus dans la mésopotamie la perse et les Indes, et des Cophtes et par conséquent des Ethiopiens



jeudi 12 avril 2012


dont la croyance est la même, que celle des Cophtes. et ne croyés pas, que ceci soit avancé sans fondem.t nous en avons des attesta­tions authentiques envoyées par les Patriarches et les Synodes de ces diffé­rentes sectes, dont les originaux se conservent dans la Bibliothèque du Roy et dans celle de St Germain des prés. Les Luthériens même, quoy que diffé- rens de nous ont été forcés d'avouer, qu'on ne peut donneç un sens raison­nable aux paroles de J.C., sans reconnoitre, que son Corps et son Sang sont véritablem.t et réelem.t dans l'hostie consacrée.
je vous demande maintenant, comment est il arrivé, que la croyance de la transubstation se soit si généralem.t repandue parmi tant de différentes sectes, d'ailleurs si divisées entre elles, elles ne l'ont certainem.t pas prise de l'églize Romaine, pour laq.le elles ont toujours eu t.m.t de l'éloignem.t
depuis leur séparation ; elles l'avoint donc cette croyance, avant que de s'en etre separées, c'est à dire depuis plus de treze siecles, car plusieurs d'entre elles sont depuis le tems séparées d'avec nous : elles l'avoint donc appris de peres des premiers siècles, c'est aussi ce que nous trouvons claire­ment exprimé dans leurs Ecrits, et en particulier dans ceux de St optât de milene, de St Chrisostome, de St Grégoire de nysse, de St. Ambroise, de St Jean Damascene, de St Ignace martyr, de St Justin martyr, Je n'ay garde de transcrire Icy leurs paroles. Voyey celles de St Cyrille eveque de Jérusa­lem dans ses catacheses, livre compose pour apprendre aux néophites la commune doctrine de l'eglize. Voyey comme il l'exprime puisque J.C. à déclaré, en parlant du pain, que c'etoit son corps, qui osera le revoquer en doute ? et puis qu'il assure, que c'est son sang, qui en pourra douter ? Il changea autre fois l'eau en vin à Cana par sa seule volonté ; et II ne méri­tera pas d'etre cru, quand il change le vin en sang... Scachés et tenès pour certain, continue le Père, que ce qui nous paroit du pain, n'est pas du pain, mais le corps de J.C., et ce qui paroit du vin, n'est pas du vin, mais le sang de J.C.. ce que ce grand Saint disoit aux fidèles du Cinquième Siecle, nous vous le disons, Scachés et tenès pour certain, que le pain et le vin sont chan­gés au corps et sang de J.C. et nous le disons, en vous prouvant d'un manière Invincible qu'on ne peut penser autrem.t sans abandonner un dogme expressem.t revele, et generalem.t cru dans tous les siecles de l'eglize.

mercredi 11 avril 2012


des Images
pour Justifier pleinement l'usage des Images, tel qu'il est parmi nous, Il suffit d'expliquer notre doctrine sur ce point, non telle qu'elle est exposée par vos ministres, mais telle, qu'elles est en effet en permettant l'usage des Images, que faisons, que prétendons nous, quel culte leur rendons nous ? nous faisons des figures, et des statues, qui représentent J.C. la Ste vierge les Saints, qui s'est jamais Avisé de Blasmer une personne, qui à voulu avoir les portraits de son Père, de son bienfacteur, des hommes illustres de sa famille ? en plaçant ces Stes Images dans nos eglizes et dans nos mai­sons, nous prétendons nous exciter à la confiance ; à la reconnoissance à la pratique des vertus, dont n.re divin sauveur nous à donné l'exemple, et que les saints ont pratiquées a peu près comme dans le monde on se sert des portraits des grands hommes, pour exciter leurs descendants à les Imiter, nous rendons aux Stes Images un culte religieux, mais quel est ce culte ? un culte relatif à l'original, et nullem.t à l'Image materiele nous adorons la croix, c'est à dire J.C. qui y à été attaché et nullem.t le Bois, auq.l J.C. à été attaché, nous honnorons l'Image de la Ste vierge ou de quelques Saints, nous prions, nous nous prosternons devant elle mais à qui s'adressent ces honneurs, ces genuflexions ces prieres ? est ce à la toile ? à la pierre de l'Image ? nullem.t mais à la vierge, ou au Saint, qui y est représenté... au Reste nous mettons une différence essentielle entre le culte relatif, que nous rendons aux Images de J.C. et celuy que nous rendons aux Images de la Vierge et des Saints. Le culte relatif que nous rendons aux Images de J.C. est un culte d'adoration proprem.t dite, tel, que mérité en seul l'etre souverain et Indépendant. Le culte relatif, que nous rendons aux Images de la vierge et des Saints est un culte d'un Religieux Respect, tel que meritent des creatures amies de Dieu et puissantes auprès de Luy et ce respect Reli­gieux ; dont nous honnorons les Saints se rapporte à Dieu, comme à son dernier terme, parce que nous les honnorons de la sorte, que parce qu'ils sont amis de Dieu a peu près comme les honneurs, que l'on Rend au minis­tre d'un prince se rapporte au Prince, parce que c'est en considération du prince, qu'on honnore le ministre... Je vous demande maintenant qu'y à-t- il de reprehensible dans un culte tel que je viens de l'expliquer. 

mardi 10 avril 2012


2.de.f.
mais, dira-t-on, le Sgr à détfendu toute Image, toute statue mais à qui l'a-t- il détfendu ? n'est ce pas aux Juifs ? et tout ce qui est detfendu aux Juifs, l'est-il aux chrétiens ? Il étoit detfendu aux Juifs de manger de certaines viandes ; croyès vous, que cette defense vous regarde, et faire mal en en mangeant ? Les Juifs etoient un peuple grossier furieusem.t enclin à l'Ido­lâtrie, les statues, les Images auroint etè pour eux des pierres d'achope- ment : les chrétiens au contraire detestent les Idoles : ainsi la loy nécessaire aux uns, pour arreter l'Idolâtrie, seroit Inutile aux autres, et meme préjudi­ciable, elle les priveroit des grands avantages qu'ils retirent des Saintes représentions, qu'on leur met sous les yeux.
on nous oppose le Concile de francfort tenu sous charlemaigne, ou le culte des Images fut condamné comme Idolatrique ; mais qui ne scait, que cette condamnation ne tomba que sur un culte absolu et d'adoration, qu'on s'etoit faussem.t persuadé avoir été approuvé dans un Concile nouvellem.t tenu en orient, et nullm.t sur un culte relatif, tel, que je l'ay expliqué, aussi dès que les françois et les Allemans furent exactem.t Instruits de ce qui en etoit, ils ne tardèrent pas à convenir que le culte des Images ainsi entandu n'avoit rien que de Bon et de louable. J'ajoute que le culte a été dans tous les tems en usage parmi les chretiens. Je pourrois porter en preuves un grand nombre de passages des anciens Peres. Je me contente du témoi­gnage de St Basile, qui dans une profession de foy adressée à Julien l'Apos­tat parle ainsi : je reçois les Saints Apôtres, les prophetes, et les martyrs, je les Invoque, atfin, qu'ils prient pour moy, et que par leur entemise dieu me soit propice : c'est pour cela, que J'honnore et venere leurs Images ; veu principalem.t que ces choses nous ont été ordonnées par la tradition des Apôtres et que bien loin d'etre defendues, elles paroissent dans nos Eglizes que nous soyons regardés comme des Idolâtres, ou comme des superstieux par un peuple grossier et Ignorant, à qui des ministres peu sinceres, ou mal Instruits ont donné des Idées les plus fausses et les plus révoltantes sur le culte, que nous rendons aux Images, Je n'en suis pas surpris ; mais que vous, qui avès été autrefois parmi nous, et qui deuviés savoir, quels sont nos sentimens ; quels sont nos Usages, ayès sur ce point Besoin d'eclair- cissement, c'est ce qui me passe : mais peut etre ne les avès vous jamais bien sus, ou les avès vous oubliés. Si cela est, maintenant que vous etes plei- nemt Instruit, rendès nous Justice et que cet article, non plus, que les autres n'empeche pas vre retour


lundi 9 avril 2012


Du Purgatoire
nous croyons, qu'il y à un pargatoire, c'est à dire un lieu différent du para­dis et de l'enfer, lieu, ou sont envoyées et detenues les Ames des fideles tres- passés, pour achever de satisfaire à la justice divine, à laq.le elles n'ont pas pleinem.t satisfait en ce monde, nous le croyons pourquoy ? parce que telle à été toujours la croyance des chrétiens, on à dans tous les tems prié pour le soulagement des fidèles trespassés : on à donc cru, que Parmi ces morts, il y en avoit qui n'etoint ni dans le paradis, ni dans l'enfer, car on n'Ignoroit pas que ni les Saints dans le paradis, ni les reprouvés dans l'enfer n'ont nul secours à attendre des vivants, ni nul Besoin de leurs prieres, on à donc cru, qu'outre les Saints dans le ciel, et les reprouvés dans l'enfer, il y en avoit d'autres, qui n'etoint ni dans le paradis, ni dans l'enfer, et ou etoint ils ? dans un troisième lieu, que nous appelions le purgatoire. [*] tt aussi vos ministres ne remettent la prière pour les morts, que parce qu'ils voyent que s'ils l'admettoint il leur faudroit necessairem.t admettre le purgatoire : ainsi prouver qu'on à toujours prié pour les morts c'est prouver qu'on à toujours cru le purgatoire Mais est il bien certain, qu'on à toujours prié pour les morts ? Les Pères des premiers siecles nous l'assurent, et votre cal- vin nous dispense de citer leurs passages : Il avoue dans le 3e.livres de les Institutions, chap. 5e que telle à été la pratique des chrétiens depuis treze siècles, mais il prétend, que c'étoit un usage Inutile et superstitieux ; mais une telle prétention n'est elle pas injurieuse a tant de grands hommes, qui observoint un tel usage, à tant d'eglizes qui ne prioint pour les morts, que parce que le prières avoint été établies par ceux, qui avoint vécu, ou avec les Apotres, ou avec leurs disciples : n'est ce pas faire Injure à J.C. luy meme ; qui après avoir promis, qu'il seroit tous les jours avec son eglize jusqu'à la consommation des siecles, l'auroit laissée pendent treze siècles et meme au delà dans une pratique non seulem.nt Inutile, mais meme superstitieuse, oui, m.r. l'usage de prier pour les morts non seulm.t n'est pas une prati­que Inutile et superstitieuse, mais c'est etre heretique, de pretendre qu'elle n'est ni utile, ni pieuse en voyey la preuve : St Epiphane, St Aug.n, St Jean damascene, St Isidore de Seville ont dressé chacun separem.t et en divers tems le catalogue des heresies qui s'étoint elevées depuis le commencem.t du chrisme. Ils se sont tous accordés à placer Aerius parmi les heresiar- ques : le premier article, qu'ils lui reprochent, comme celuy, qui le Rendoit plus coupable, est d'avoir enseigné, qu'il ne faut pas prier, ni otfrir le sacri­fice pour les morts, vos ministres pensent, comme Aerius traité d'heretique par des Irréprochables témoins de la Foy de toutes les eglizes ; nous pen­sons comme les Eglizes de tous les tems Jugés vous meme de quel coté est la vérité, et de quel coté vous devez vous tourner


[*] A partir de cet endroit le texte comporte de nombreuses ratures.

dimanche 8 avril 2012


mais, dira-t-on, ne doit rien admettre en matière de foy, que ce qui est expressém.t marqué dans les Stes Ecritures. Je répons n premierem.t que vos ministres ne s'en tiennent pas toujours à ce principe. Ils croyent bien des choses qui ne peuvent etre crues, que par la tradition, d'où ont Ils appris, que les divers livres, qu'ils regardent comme canoniques, le sont veritablem.t, n'est ce pas de la tradition. Ils croyent la virginité perpetuelle de la mere de Dieu, l'obligation d'obser­ver le dimanche au lieu du Samedi : en est il fait mention dans les écritu­res ? je répons en 2e lieu, que nous trouvons dans les ecritures, ou Appuyer notre foy sur le purgatoire. Vous savèsle fameux passage du 2e. livres des machabées : c'est une pensée sainte et salutaire, y est Ildit, de prier pour les morts, atfin qu'ils soint délivrés de leur péchés, nous lisons dans la pre- miere epitre aux Corinthiens, que ceux, qui après avoir établi J.C. pour fondement, bâtissent sur le fondem.t avec du bois de la paille, et du chaume, seront au Jour du Seig. r sauvés, mais comme par le feu. nous pré­tendons ; qu'il s'agit dans ce passage de ceux, qui dans ce monde se seront rendus coupables de divers péchés, mais non mortels, puisque, nonobstant les péchés Ils seront sauvés ; ceux la, dis je, auront besoin d'etre purifiés par le feu, et quest ce, que ce feu, que les peines du purgatoire, nous lisons encore dans l'apocalipse, que rien de souillé n'entrera dans le Royaume du Ciel. Il n'est pourtant pas possible, qu'un grand nombre de Justes, exempts à la vérité de tout péché mo (...) [1] ne sortent de ce monde coupables de bien de péchés, puisqu'il est dit, que le juste peche sept fois par jour : ces péchés veniels n'exclurront pas pour toujours du Royaume du ciel les justes, qui meurent, sans s'en etre purifiés, et ou, et comment s'en purifieront ils, n'est ce pas dans le purgatoire par les peines temporelles, qu'ils y auront a souffrir Je n'Ignore pas que vos ministres ne reçoivent pas comme canoni­que, le 2e livre des machabées : pour nous, nous le regardons comme tel, fondés sur l'authorité de St. Aug.n qui dans le 18e livre de la Cité de Dieu dit, que quoyque les livres des machabees ne soint pas reçus pour canoni­ques par les Juifs, Ils le sont par l'eglize chrétiene. nous avons encore pour nous le 3e Concile de Carthage composé d'un grand nombre d'eveques tenu en 394. nous avons encore le témoignage d'Innocent Ier, qui écrivant à exupere eveque de Toulouse met dans le catalogue des livres canoniques les deux livres des machabees. nous avons encore le témoignage des eglizes d'armenie et des grecs, dont les patriarches écrivants à l'Ambassadeur de france à constantinople assurent que telle est la croyance de leurs eglizes




[1] Le manuscrit est légèrement déchiré à cet endroit.

samedi 7 avril 2012


je n'Ignore pas non plus, que vos ministres donnent aux passages cites des explications différentes des nôtres, mais nous avons la consolation de les entandre, comme les ont entendus les Peres et les docteurs des premiers tems, qui n'ont pratiqué et recommandé aux fideles la priere pour le soula­gement des morts, que parce qu'ils trouvoint dans les ecritures, que plu­sieurs d'entre eux etoint detenus dans un lieu de souffrance, et qu'ils avoint besoin de prières des vivans.
Jugés maintenant, mons.r ; si vos ministres ont raison de nous Insulter, sur ce que nous pensons du purgatoire. Si nous étions d'humuer à user de represailles, ne pourrions nous pas leur dire, en pensant, comme vous faites du purgatoire, vous pensés comme Aerius qui dans les anciens Catalogues des heresies tient un des premiers Rangs Parmi les heresiarques
    
                                           De la Confession.
nous regardons la confession des péchés mortels soit publics, soit secrets, faite à un Pretre, comme étant d'Institution divine, et nécessaire pour en obtenir le pardon.
nous trouvons ce dogme, pris dans toutes Ses parties, dans les paroles de J.C. à es Apotres, et en leur persone, à ceux qui devoint leur succeder dans le sacerdoce : les voycy ces paroles. Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrés, et retenus à ceux, à qui vous les retiendrés. J.C. parlant ainsi. 1°. ne donne-t-il pas aux Apotres et à leurs successeurs le pouvoir de remettre aux Uns ; et de ne pas remettres aux Autres leurs péchés, quels qu'ils soint, publics ou secrets car les paroles de J.C. tombent egalem.t sur les uns, et sur les autres. 2e ne pretend-Il pas que ce pouvoir soit exercé avec sagesse et discrétion ? 3e. Ce pouvoir peut II etre bien exercé ? Si les minis­tres, qui en sont chargés, ne connoissent pas sutfisemment le veritable état de ceux, qu'ils doivent, ou ne doivent pas absoudre. 5e. Ces ministres en peuvent Ils etre suffisem.t Instruits, si le Pecheur luy meme ne leur declare tous les péchés mortels, dont il s'est rendu coupable : de meme qu'un malade est souvent obligé de découvrir au medecin ses maladies secretes, s'il veut etre guéri. 6e. J.C. ayant dit, que les peches seront retenus, ou ce qui est le meme, ne seront pas remis à ceux, à qui les ministres les retien­dront, ou ne les remettrons pas ; les coupables ne demeureront Ils pas char­gés de leurs péchés, tandis qu'ils n'en auront pas obtenu la remission d'un ministre de l'eglize. parmi ces six points ainsi analizés en est Il un seul, qui ne soit evidem.t renfermé dans les paroles de J.C. et ces six points pris ensemble ne renferment Ils pas la confession des péchés mortels, soit publics, soit secrets, faite à un ministre de J.C., comme étant d'Institution divine et nécessaire pour obtenir la remission des péchés commis,