Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “ministre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.
Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...
samedi 28 avril 2012
formels et exprès, ceci est mon corps, ceci est mon sang, convaincus d'ailleurs de la toute puissance, ne pouvint sans crime penser que ce ne fut là son véritable corps, son véritable sang, parce qu'ils devoint penser et croire que ce qu'ils ne comprenoint pas, n'etoit pas moins vray, puisque . J.C. dont la puissance surpasse toute Intelligence humaine les en assuroit : et ou en serions nous ? Si nous détournions en des sens figuratifs bien des mystères incompréhensibles et que nous regarderions comme Impossibles, si nous n'avions pour garant la Parole de J.C. nous croyons, ajoutent encore vos ministres, que dans la cène, nous sommes faits participans de la propre subtance du corps et du sang de J.C., que nous en sommes nourris et vivifiés... mais de quelle substance parlent ils ? est-ce d'une substance réele et véritablem.t présente à la Cène ? non, Repondent ils, cette substance ainsi entandue n'est que dans le ciel, et nullement présente dans le lieu où nous célébrons la Cène : vous ne mangés donc pas, vous ne Beuvès donc pas veritablem.t et réellement le corps et le sang de J.C. une viande, un sang doivent etre présents pour etre réelem.t et véritablem.t mangé et Beu. Vous ne prenès donc pas les paroles de J.C. dans leur sens propre et literal.
pour nous catholiques, nous nous entenons à ce principe généralem.t récu, que dans l'Interpretation des Ecritures il faut s'attacher au sens propre et litéral, à moins d'une raison évidente, qui persuade le contraire. J.C. nous dit expressem.t que ce qui entre ses mains avoit l'apparence du pain et du vin, étoit son corps et son sang ; intimem.t persuadés qu'il est la vérité même Incapable de vouloir nous Induire à erreur, qu'il est de plus tout puissant, capable d'opérer les prodiges les plus Incompréhensibles, nous croyons d'une foy ferme et Inébranlable, que ce qui etoit auparavant pain et vin, est changé par l'efficace de ses paroles en son corps et en son sang, ainsi qu'il nous en assure luy même, en disant, prenés et mangés, ceci est mon corps ceci est mon sang.
Du reste ne croyés pas, que dans ces derniers termes nous soyons les seuls qui donnions aux paroles de J.C. une pareille interprétation. Les differentes Eglizes chrétiennes dispersées dans toutes les parties du monde, quoy- que la pluspart separées depuis bien des siècles de la communion de l'eglize Romaine, conviennent avec elle dans le point, que par les paroles sacramenteles prononcées par le prêtre, le pain est changé en corps de J.C. et le vin en son sang. C'est la croyance des moldaves, des moscovites, des grecs schismatiq, des arméniens, des syriens, des nestoriens répandus dans la mésopotamie la perse et les Indes, et des Cophtes et par conséquent des Ethiopiens