Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “ministre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.
Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...
lundi 2 avril 2012
sur lesquels vous vous
appuyés pour justifier le dogme de la transubstantiation. J'avous que les Peres
de l'Eglise, pour animer le zèle et la dévotion des com- munians ont quelque
fois employé dans leurs discours certains termes hyperboliques, dont les fauteurs
de la transubstantiation peuvent abuser ; mais outre qu'ils parloient à des
chrétiens accoutumés à cette sorte d'expressions, et instruits de la nature de
cet auguste sacrement ; ils avoient outre cela soin d'expliquer leurs idées par
d'autres passages clairs et formels. Par exemple, s.t Cirille que vous me
cités, déclare dans sa 14e. Catachèse sur s.t. Jean Homilies
71.74.75. Que quant à la nature de sa divinité J. C. n 'est
pas absent de nous ; mais qu 'il est absent selon la dispensation du corps qu
'il a prix : qu 'il ne faut pas le chercher sur la terre, mais au Ciel où il
faut élever nôtre foi. Origene sur s.t. Mathieu, et s.t Augustin
de verbo Domini sermon 60e s'expliquent de la même manière.
J'ajouterai ici quelques autres authorités de ces premiers Peres de l'Eglise
pour appuyer nôtre sentiment. Le sacrement,
dit St Augustin Epit. 23. ad Bonif. est le corps de
Christ en quelque manière. Le Seigneur, dit-il encore, n'a point fait difficulté de dire, ceci est mon corps, quand il
donnoit le signe de son corps, aug. contre asim. chap. 12.
Facundus Evêque Africain
qui ecrivoit vers le milieu du 6e. siècle, disoit
Nous appelions le
sacrement le corps et le sang de J. C. non que le pain soit proprement son
corps, et le calice son sang ; mais parce qu'ils en contiennent le mystere.
Facund. Lib. 9e. Capite ultimo.
Tertullien écrivant
contre Marcion hérétique qui admettait deux principes, dit J.C. aiant pris le pain, il le fit son corps, en disant, ceci est mon
corps, c'est à dire, ajoute-t-il, la figure de mon corps. Je pourrois, Mon très cher
frere, vous raporter un plus grand nombre d'authorités des Peres de l'Eglise ; mais je m'en tiens à celles là, que vous
pourrés consulter, si vous le jugés à propos. Je pourrais aussi me dispenser de
répondre à ce que vous me dites des schismatiques qui quoique séparés de
l'Eglise Rom. dites vous, du moins plusieurs d'entr'eux depuis plus de 13
siècles, on toûjours cru le dogme de ia transubstantiation, doctrine qu'ils ne
pouvoient avoir aprise que des premiers Peres de
l'Eglise! Il faudroit être bien ignorant dans l'histoire Ecclésiastique, pour
ne pas savoir que les schismatiques qui se sont séparés de l'Eglise Romaine
avant le 8e siècle ne croioient ni la présence réelle, ni la
transubstantiation. Je me