Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “minis­tre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.

Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...


dimanche 11 mars 2012


de Lombardie, les excite à punir les hereti- ques ; et comme leurs officiaux refusoient d'en venir à ces extrémités le Pape déclare qu'ils seroient excommuniés, si après six jours ils ne faisoient pas exécuter les sentences de l'inquisition. Aussi executa-t-on l'année sui­vante avec beaucoup de barbarie les ordres du Pape. L'archidiacre de Cré­mone envoyé contr'eux par Innoncent 8, implora le secours du Lieutenant du Roy en Dauphiné, et marcha avec des troupes en la Val Loyse, les habitans à leur approche se retirerent avec leurs femmes et leurs enfans dans des cavernes, Le Lieutenant du Roy, fit mettre le feu à l'entrée, et on trouva dans les dites cavernes quatre cens petits enfans étoufés dans leur berceau, ou entre les bras de leurs meres mortes, sans compter plus de trois mille hommes ou femmes qui furent massacrés par les soldats. Est-ce là imiter l'exemple de Jésus Christ ? Reconnoit-on à ces marques son Eglise ? Je pourrois encore, Mon cher Frere, vous raporter ce fameux, mais cruel arrêt rendu en 1540 par le Parlement d'Aix contre les infortunés habitans de Merindol et de Cabrieres, rechapés de cette cruelle persécution que les Papes avoient excitée contre les Vaudois. Ces habitants aiant été condam­nés à mort par cet arrêt, le Président Oppede qui en fut l'executeur, alla saccager, brûler et massacrer ces pauvres gens avec une telle fureur, que Maimbourg avoue lui même que tout ce que la cruauté du soldat peut ima­giner, le vol, le pillage, le massacre des enfans, des filles, des femmes, des vieillards, tout y fut exercé avec la dernière brutalité et la plus ardente fureur. J'ajouterai qu'Oppede fit enfermer toutes les femmes dans une grange pleine de paille et y fit mettre le feu, ce qui est le comble de la barba­rie et de l'inhumanité. Cependant, le Président du Thou déclare que le s.r de Langay Lieutenant du Roy en Piémont sur les informations qu'il avoit fait faire de la conduite de ces gens là, assura le Roy François 1er qu'ils étoient laborieux, sobres, charitables envers les pauvres ; qu'ils servoient Dieu par des prières continuelles et par une vie très innocente. Tel fut le témoignage que le s.r. de Langay rendit de ces gens là. Ne pouvons nous pas encore reprocher à vôtre Eglise le massacre de la s.t Barthelemi dans lequel contre la foi des traités on égorgea près de cent mille personnes, et qui quoiqu'aprouvé par Grégoire XIII et de toute l'Eglise Romaine, n'a pas laissé d'être détesté de vos historiens les plus sensés et de tout ce qu'il y a eu d'honnêtes Catholiques dans le Royaume. Que n'aurois je point à dire de la revocation de l'Edit de Nantes et de la dragonnade qui en fut la suite. Monsieur le Marquis de la Fare nous en apprend quelques chose dans ses Mémoires, voici comme il s'exprime : On dit que Le Tellier et Louvois ne vouloient pas la revocation de l'Edit de Nantes que les Cagots poursuivoient ordinairement. Cependant lorsque Le Tellier, comme chancelier, en signa la déclaration, il s'écria de