Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “minis­tre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.

Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...


vendredi 2 mars 2012

qui ont écrit pour et contre sur la matière contestée ; vous devés sentir que dans une affaire aussi essentielle qu'est celle de la réligion, où il y va de nôtre salut éternel, nous sommes obligés d'apporter tout au moins les mêmes précautions que dans des affaires temporelles, car nous serons jugés sur l'étendue des con- noissances que Dieu nous aura accordées. Une foi aveugle ne sauroit donc nous conduire au salut, on doit chercher à s'éclairer, et pour cet effet exa­miner avec soin si les différentes doctrines contestées s'accordent avec cette doctrine de l'Evangile, que Dieu nous a donnée pour nous servir de guide dans les sentiers du salut. C'est ce que J.C. nôtre divin Maître nous a sur tout recommandé, examinés, dit-il, les Ecritures, car c'est par elles que vous obtiendrés la vie éternelle ; Les Apôtres louoient les fidèles de Berée de ce qu'ils examinoient si ce qu'ils leur annonçoient étoit conforme à la doctrine des livres sacrés, et s.t. Paul fulmine des anathémes contre ceux, fut-ce des anges, qui annonceroient des doctrines contraires, ou même outre celles qu'ils avoient eux mêmes annoncées.
J'ai apris avec un sensible plaisir des nouvelles de nôtre chere Nièce et de sa famille, je prie Dieu qu'il daigne répandre sa bénédiction sur leurs person­nes et les remplir de son amour et de sa crainte. Je fais aussi des vœux très sinceres pour vôtre conservation et pour celle de vôtre chere Epouse, vous priant d'être persuadé du tendre attachement avec lequel je serai toute ma vie.
Mon très cher Frere
Votre très humble
et très obéissant serviteur,
Fougereux de Grandbois
Ce 16e Aoust 1756


Dans [*] le ch. 25. n.18. du livre delexode dieu ordonna a moyse de faire deux chérubins.
Dieu ordonna a moyse de faire un serpent dairain chap. 21. n.8. du livre des nombres
Salomon entailla des chérubins dans le temple 3 l.des rois chap. 6. n. 35.


[*] D'après le graphisme de l'original il s'agit ici d'une courte note ajoutée par le catholique à la lettre de son frère qu'il vient de recevoir, ceci pour préparer sa réponse. (Dans sa prochaine lettre Jean Fougereux fera allusion à l'argument du serpent d'airain !...)