Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “minis­tre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.

Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...


dimanche 18 mars 2012

avec une entière pureté, sans faire part de leur Culte à aucune Créature, quelle quelle soit. Origene Livre 3. et 4. & C. On voit des gens, dit encore Origene, en parlant des sages Payens ; On voit ces gens qui font tant les fiers de leur sagesse et de leur Théologie, se jetter auxpiés d'une image, pour honorer, disent-ils, la divinité. Ceux-là sont des stupides, des ignorants et de vils esclaves, dit Origene, qui s'imagi­nent que la main des ouvriers puisse représenter et imiter la divinité. Je me contente de vous raporter ces passages d'Origene que j'ai recueillis en par­courant son Traité, si vous étiés dans le dessein de le lire, je suis persuadé que vous conviendrés avec moi que dans ces premiers siècles de l'Eglise bien loin d'avoir des images pour leur rendre quelque culte, on les avoit au contraire en abomination.
Un autre article sur lequel, Mon très cher Frère, j'avois insisté dans ma précédente, c'étoit l'invocation des saints, et en effet il n'y a aucun précepte ni aucun exemple dans l'Ecriture d'une telle invocation. Nous estimons, dit Origene, que l'on ne doit pas prier ceux qui prient eux-mêmes, et qui aiment mieux nous renvoyer à ce Dieu qu'ils prient, que de nous attacher à eux, ou de partager avec lui nos vœux et nos prières. Liv. 5. Je sai bien que les Prédicateurs du 4e siècle commencèrent à donner lieu à cette invocation. L'Eglise celébroit la mémoire des saints par une simple exposition de leurs vertus et par des exhortations à les imiter ; à ces panegiriques on ajouta les ornements du langage, et les chaires étant fournies de grands Orateurs, ils employoient tout l'art de l'éloquence. Ce fut ainsi que vers l'an 370 en la commémoration des Martirs, ils commencè­rent d'user de prosopopées et d'apostrophes. L'un d'entre eux harangue en ces termes ; Ecoutés peuples, vous qui visés, et vous qui êtes encore à naî­tre ; Ecoute aussi toi ame du grand Constantin, si tu as quelque sentiment, car, ajoute-t-il, je suis contraint de parler de lui, comme s'il étoit présent et qu'il fut un des auditeurs. Nazianz. Orat. I. in Julian. Il y a une grande dif­férence entre ces apostrophes et l'invocation des saints ; cependant le stile de ces orateurs donna lieu à l'abus, car à leur exemple les ignorants com­mencèrent peu à peu à adresser leurs discours aux saints, comme s'ils eus­sent pû les entendre ; mais.malgré cela l'invocation des saints n'eut lieu que long tems après dans l'Eglise ; au contraire cette superstition qui s'étoit glissée parmi quelques particuliers, est condamnée par les Docteurs du 4e siècle, st. Epiphane dit que les saints sont en leur repos en la gloire, et qu'il