Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “minis­tre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.

Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...


jeudi 15 mars 2012


Pierre dans ses Epitres qu'il écrivit de Rome. Voiés son Epitre aux Philipiens écrite vers l'an 61. Celles aux Ephes. et aux Col. écrites vers l'an 62. et la 2 à Timothée écrite vers l'an 65. Dans toutes ces Epitres écrites de Rome st Paul ne parle point de st Pierre quoique sur la fin de ces Epitres et en particulier- dans le dernier chapitre de l'Epitre aux Colossiens, il fasse mention de plusieurs fidèles qui étoient prisonniers avec lui ; il dit même que Marc cousin de Barnabas, et Jésus qui porte le nom de juste sont les seuls qui l'aident à établir le Royaume de Dieu, et de qui il ait reçu de la consolation : Voila donc St Paul qui établit le Royaume de Dieu à Rome, c'est à dire qui y jette les fondements de la Religion Chrétienne ; ce n'est donc pas st Pierre, car st Paul n'auroit eu garde de s'attribuer cette gloire, ou du moins il l'auroit partagée avec st Pierre, comme il le fit à l'égard de Marc et de Jésus et si st Pierre avoit été à Rome, auroit-il manqué à contri­buer à l'établissement du Royaume de Dieu, et à donner quelque consola­tion à st Paul, comme le firent Marc et Jésus. En voulant pallier vôtre senti­ment sur le Culte des Images, vous ne vous apercevés pas, Mon très cher Frère, que vous vous exposés aux anathémes des Conciles de Nicée et de Trente, puisque les Peres de ces Conciles veulent que l'on rende aux Images les mêmes honneurs que l'on rend aux originaux qu'ils représentent. L'honneur, disent ils dans le 7e session du second concile de Nicée, l'hon­neur de l'image passe à l'original, et celui qui adore l'image, adore le sujet qu'elle représente. Le Concile de Trente, confirme cette doctrine, disant qu'on doit rendre aux Images l'honneur et la vénération qui leur est due, à quoi il ajoute ; Nous les baisons, nous les saluons, nous nous pros­ternons devant elles. L'un et l'autre de ces Conciles fulminent des anathè- mes contre ceux qui penseront autrement. Peut-on dire après de telles déci­sions que vous ne servés point les Images ; mais que ce sont elles qui vous servent. Thomas d'Aquin le Prince de l'Ecole Romaine, moins crupuleux que vous, et fondé sur la décision du second Concile de Nicée, enseigne que celui qui adore l'image, adore le sujet qu'elle représente, vous apprendra que l'on doit rendre aux images de Dieu, de J.C. et de la Croix le souverain Culte de Latrie, et il veut que l'image en elle même termine cette adora­tion : ce qui est le comble de l'idolâtrie. Vous brisés, dites vous, les images sans scrupule quand elles sont gâtées ou indecentes, mais vous leur en subs­titués des nouvelles ; d'ailleurs est-il sans exemples que les hommes n'agis­sent pas toûjours consequemment à ce qu'ils font profession de croire.
J'ai été surpris, Mon très cher Frère, que vous n'aiés pas senti la faiblesse de vôtre comparaison. Dieu, dites vous, assujetit les ennemis de Job à deman­der pardon de leurs péchés par l'entremise de ce st homme. Mais Io. Dieu