Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “minis­tre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.

Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...


lundi 5 mars 2012


encore Gregoire 7. et Sylvestre 2. que tous les anciens historiens déposent avoir été magiciens, ce dernier s'étant donné au Diable à condition qu'il lui accorderoit tout ce qu'il desireroit. Mais écoutons Mezerai historien fort passionné contre les hugue­nots, et par conséquent non suspect. Il décrit en ces termes les meurs d'alexandre 6. Jamais la tiare sacrée ne fut tant deshonorée d'homme que de celui-ci, il fouloit la religion aux piés ; prostituoit l'honneur et vendoit le droit divin et humain au plus offrant : durant qu'il n'étoit que Cardinal il avoit entretenu entr'autres maîtresses une certaine Vannosse, dont il eut quatre fils. Il avoit encore une batarde nommée Lucresse, dont il étoit le Pere, le beau pere et le mari. &C. Le Roi de France Charles 8 étant venu à Rome, les Cardinaux se rangèrent à l'entour de lui à la reserve de deux et lui remontrerent que Dieu l'amenoit là, comme par la main, pour prendre la défense de l'Eglise contre les violences d'Alexandre Borgia, qui l'aiant ravie à force d'argent, exerçoit tous les jours dans la chaire des Apôtres les mêmes crimes par lesquels il y étoit monté ; digne successeur non pas de s.t Pierre ou de s.t Paul, mais du traître Judas et du sacrilege Simon ; allié plu­tôt de l'alcoran que de l'Evangile ; qui étoit entré dans la bergerie chré­tienne comme un tigre avec tous ses faons, avec une troupe de batards souillés de toutes sortes' d'infamies. Voiés Hist. de France par Mezeraï en la vie de Charles 8. Tous les historiens parlent de ce Pape avec la même exé­cration aussi bien que de Jules 2 que le Roi Louis 12 reconnoissoit pour l'antechrist, aiant fait battre une monnoye d'or et d'argent, sur le revers de laquelle il y avoit pour inscription Perdam Babylonis nomen. Je détruirai le nom de Babylone. Mais il est tems de tirer le rideau sur les portraits aussi infâmes, et de conclure qu'il faut que la force des préjugés soit bien puis­sante, pour engager des personnes raisonnables, et qui se piquent d'être éclairées, et qui plus est Chrétiennes, à adopter des cérémonies superstitieu­ses et un grand nombre de dogmes qu'elles mettent au nombre des articles de foi, tous tirés d'une religion idolatre, impie, extravagante et proscrite de Dieu même. Je conclus en second lieu qu'il n'est pas moins surprenant que des chrétiens regardent comme chefs de l'Eglise et infaillibles des Magi­ciens, des impies, des impudiques, et pour tout dire des abominables et des monstres,