Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “minis­tre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.

Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...


mercredi 14 mars 2012

vouloit par là les humilier en les obligeant d'employer l'entremise de la per­sonne même qu'ils avoient offensée, pour obtenir leur pardon. 2e. Dieu vouloît aussi que les ennemis de Job, donnassent cette espece de satisfac­tion à ce st homme, et reconnussent par cette démarche le tort qu'ils avoient eu de mal juger de lui. 3e. Enfin vous m'allegués un ordre de Dieu qui le leur avoit expressement commandé. Mais sommes nous dans le cas des ennemis de Job ? Avons-nous offensé les saints glorifiés ? Avons-nous porté des jugements téméraires sur leur compte ? Et quand nous serions coupables à l'un et à l'autre de ces deux égards, seroient-ils susceptibles de ressentiment ? Pourroient-ils même en avoir connoissance ? Enfin Dieu nous a-t-il ordonné quelque part de recourir à l'intercession des saints glorifiés ? N'avons nous pas au contraire des passages formels qui nous ordonnent d'invoquer Dieu seul, qui nous apprennent que nous n'avons qu'un seul Médiateur, que si nous avons péché nous avons un avocat auprès du Pere savoir J.C. Nous ne nions pas que nous ne devions prier les saints qui sont sur la terre de prier pour nous, parce que Dieu nous ordonne de prier les uns pour les autres, et que d'ailleurs les saints qui sont sur la terre sont à portée de nous entendre et de connoitre nos besoins ; au lieu que les saints glorifiés ne sauroient faire ni l'un ni l'autre. Elie étant sur le point d'être enlevé au Ciel dit à son Disciple Elisée : Demandés moi ce que vous vou- drés, afin que je l'obtienne pour vous, avant que je sois enlevé d'avec vous.IV. Rois.II.9. Ceux qui sont en vie, savent qu'ils doivent mourir, mais les morts ne connoissent plus rien ; ils n'ont plus de part à ce monde, ni à tout ce qui se passe sous le soleil. Ecclesiaste Chap. IX.5.6.
J'ajouterai le sentiment des Peres du 5e siècle qui étoient dans la même idée : Les ames des morts, disent-ils, ne se mêlent point de ce qui touche les vivants. Les saints ne sont point nos Médiateurs. Nous louons les Martyrs, de ce qu'ils
ont combattu pour la vérité, et gardé la pureté de la foi. Nous rendons grâ­ces à Dieu de leur victoire, nous nous encourageons à les suivre et à les imi­ter, pour avoir part à leurs palmes et à leurs couronnes ; mais pour y parve­nir invoquerons nous les saints ? Nullement, mais nous invoquerons ce vrai Dieu qui les a faits hommes et Martyrs. August. de cura pro mortuis. Cap. 13 et contra Parmen. Lib. 2. Cap. 8 et de Civit. Lib. 8. Cap. 25. Cyril.Con­tra. Jul. Lib. 6. Chrysost. Hom. 5. in Math.Theod. in Epist.ad Col. 2. C'est ainsi, Mon très cher Frère, que s'exprimoient les Peres de l'Eglise dans un siècle où l'on commençoit à vouloir introduire l'invocation des saints, et à recourir à leur intercession ; Saint Augustin travailla en particu­lier à fairè revenir de cette erreur quelques personnes qu'il appelle infirmes. Que dois-je conclure, Mon très cher Frère, de tout ce que j'ai dit, si ce n'est 1°. que