Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “minis­tre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.

Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...


samedi 3 mars 2012

dans toutes les histoires qui ont parlé de la ligue, que le pur Papisme en étoit l'ame, et que cette ligue a produit les plus noirs attentats qui se soient commis dans tous les siècles passés contre la Majesté des souverains. Dans cette-ligne on a vû toute une nation revoltée contre ses Rois légitimes, les Princes excommuniés par les Prêtres, bannis et condam­nés par les Parlemens, persécutés par leurs sujets, exclus de toutes les villes de leur Royaume, et enfin assassinés par des parricides desquels on a fait les éloges jusques dans Rome. Voila, Mon très cher Frere, des faits attestés par tous les historiens, la révolté des ligueurs, l'assas­sinat d'Henri 3 les arrêts des parlemens de Paris, de Thoulouse et de Rouen, par lesquels Henri 4 fut déclaré incapable de succeder à la cou­ronne, et le soulèvement général des villes du Royaume contre le grand pere de Louis le grand qui a transmis la Couronne à son arriéré petit fils glorieu- sem.t régnant. Et si vous preniés la peine de consulter l'histoire, combien d'Empereurs, de Rois, de Princes n'y trouveriés vous pas qui ont été excommuniés et déthronés par des Papes qui ont souvent occasionné par là des carnages affreux. Reconnoit-on bien à ces traits l'esprit du Christianisme ? y reconnoit-on les successeurs de s.t. Pierre qui vouloit que l'on se soumit aux Rois, aux Princes et aux Magis­trats quoique Payens ? N'y reconnoitroit-on pas plûtôt cet esprit de persecution et d'intolerence, dont vos Souverains Pontifes ont hérité des Payens, ainsi que de toutes leurs maximes en fait de religion.
Permettés moi, Mon très cher Frere, de vous faire faire cette reflexion generale, vous êtes appellé par vôtre charge à être Juge, je suis persuadé que vû vôtre intégrité, vous ne portés jamais de jugement qu'après un mur examen, et avoir oui les deux parties. Je ne doute pas même que dans cer­tains cas délicats vous ne consultiés les Jurisconsultes