Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “minis­tre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.

Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...


dimanche 25 mars 2012

les engager à faire cette démarche. L'amour de la Patrie, les pensions, les emploits ; en un mot le bien être qu'on leur a procuré, et qu'ils n'auroient point trouvé dans le païs étranger, ont plus contribué à leur changement que l'amour de la vérité. Si nous voulions tirer gloire des conversions, je vous parlerois du Neveu du Pape qui abjura il y a quelques années les erreurs de vôtre Eglise et que j'ai vû plusieurs fois chés moi ; mais je fais peu de cas de cette sorte d'exemples. J'ai été fort surpris, Mon très cher Frere, d'apprendre que nôtre Pere ait laissé si peu de bien, vû qu'en 1724 vous me marquâtes qu'il en avoit gagné considérablement, puisqu'il avoit envoyé à Paris pour 50000 iï de charbon de pierre pour se garantir de la perte des billets de banque, et que ce bien augmentoit tous les jours. Quoiqu'il en soit je puis, grâces à Dieu me passer des biens de patri­moine, et supposé même que je revinse un jour auprès de vous, ce qui me seroit fort doux, j'aurois assés de bien, pour ne pas profiter des offres obli­geantes que vous me faites et auxquelles je suis très sensible. Le Sr Porte qui est ici m'a fort affligé en m'apprenant que vous aviés un procès avec un Monastère de Religieuses, pour lequel vous étiés allé à Paris II m'a donné à entendre que cette affaire étoit très sérieuse, et que vous risquiés de perdre, votre charge ; je vous prie, Mon très cher Frere, de m'apprendre ce qu'il en est, m'interesant infinimt pour tout ce qui vous regarde. J'ai apris avec plaisir des nouvelles de nôtre chère Nièce, je prie Dieu qu'il veuille bien lui accorder un heureux accouchement. J'aurois été charmé de vous voir dans ce païs cette automne ; mais je me flatte que vous voudrés bien prendre vos mesures pour y venir dans un autre tems, ce qui me feroit un grand plaisir, n'aiant rien tant à cœur que de vous témoigner de bouche ce que je sens pour vous, ce que je souhaiterois aussi que vous pensassiés sur mon compte, et vous donner enfin des marques réelles de cette tendresse et de cet attachement fraternel avec lequel je suis sincerement, Mon très cher Frere, vôtre très humble et très obéissant serviteur. Fougereux de Grandbois
Aiés la bonté, Mon très cher Frère, d'assurer de mes très humbles respects Madame nôtre Très honorée Mère, sans oublier vôtre très chère Epouse, ma chère sœur.