Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “minis­tre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.

Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...


samedi 17 mars 2012




ne faut pas les honorer au delà de ce qui est convenable. Que les hon­neurs excessifs qu'on rendoit à la Ste Vierge étoientprovenus de quelques femmelettes superstitieuses, complices de celles qui au tems de Jeremie adoroient la Reine du Ciel. Epiph. haeres.78.79. Et st Ambroise déclare que la comparaison de ceux qui se servent de l'exemple des Rois, auprès de qui on employe l'intervention des courtisans et des officiers, n'est nulle­ment à propos Ambros. Rom. Cap. I. Enfin comme en ce tems là il y avoit des gens et en particulier en la Province de la Phrygie, qui recouroient à Dieu par l'entremise des Anges, et qui avoient entr'eux des oratoires de st Michel ; cette invocation des Anges fut condamnée d'hérésie par le Concile de Laodicée tenu environ l'an 368. Voila, Mon très cher Frère, deux articles contre lesquels vôtre Eglise pèche grievem.t car en rendant un culte réli- gieux aux images, elle se rend coupable d'idolâtrie, et en invoquant les saints, elle ravit à Dieu la gloire qui n'est dûe qu'à lui seul, puisqu'elle leur attribue les principales perfections de la divinité, la toute science, la toute présence et la toute puissance. Je m'arrete ici, et j'attendrai avec impa­tience vôtre réponse, afin que je puisse être convaincu une bonne fois que mes difficultés tombent sur les vérités les plus claires. J'ai été extrêmement affligé, Mon très cher Frère, d'apprendre soit par vous, soit par nôtre chere Nièce le triste état où se trouve nôtre très honorée Mere, je prie le seigneur qu'il veuille lui faire supporter ses maux avec patience, et je ne doute pas qu'elle ne fasse usage en cette occasion des sen­timents de pieté et de vertu, qu'elle a fait paroitre pendant toute sa vie. Je vous prie de l'assurer de mes très humbles respects, et de faire agréer à vôtre chere Epouse mes civilités ; je vous prie aussi d'être persuadé des ten­dres sentiments avec lesquels je serai toute ma vie.
Mon très cher Frere
Votre très humble
et très obéissant serviteur
Fougereux de Grandbois