Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “minis­tre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.

Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...


dimanche 4 mars 2012

tels qu'ont été plusieurs de vos Papes. Je ne leur en impose point, je n'ai rien avancé que sur le raport de vos historiens les plus dignes de foi. Peut-il entrer dans l'esprit d'un homme raisonnable, s'il n'est extremement prévenu en faveur de ses sentimens, que l'esprit de Dieu ait animë et inspiré de telles gens. Quelle absurdité de vouloir allier dans une même personne le crime avec la vertu, l'impureté avec la sainteté, l'erreur avec l'infaillibilité, Bélial avec Jésus Christ. Si s.t Pierre lui même avoit été aussi corrompu que ces Papes l'auroit-on regardé comme infaillible, et comme chef d'une Eglise dont la sainteté est le caractère distinctif et dont les vrais membres ne se distinguent que par la pureté des mœurs ? Auroit-il bien fait des Proselites ? N'auroit-on pas été en droit de lui objecter cet axiome de s.t Jacques ; Montre moi la solidité et l'infaillibilité de ta foi par tes œuvres ? J.C. avoit bien raison de dire en parlant des faux docteurs ; Vous les connoitrés à leurs fruits.
On nous fait tort, Mon très cher Frere, lorsqu'on nous accuse de n'admet­tre aucune authorité, pour ce qui,concerne la foi, nous recevons incontesta­blement l'Ecriture s.te pour régie de nôtre foi, et nous reconnoissons l'authorité des Conciles, lorsque leurs décisions sont fondées par la parole de Dieu, et non sur des doctrines purement humaines, et même contraires à cette parole, comme vous pouvés le recueillir et du contenu de cette lettre et de celles que je vous ai écrites précédemment.
Vous revenés aux excès de cruauté que les Camisars commirent dans le Languedoc au commencem.t du siècle ; mais je vous avés déjà marqué que nous les avons toûjours desavoués, comme aiant agi par des principes que nous condamnons ; mais vous ne dites rien des massacres de Cabrieres, de Merindol et de la s.t Barthelemi, non plus que de la dragonnade, si vous en aviés lû les histoires, je suis persuadé que vous auriés tû l'affaire des Cami­sars. Je ne sache pas que les Calvinistes aient jamais cherché à déthroner nos Rois ; j'ai bien lû