Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “minis­tre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.

Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...


samedi 25 février 2012


pour présent à celui qui est l'auteur de la lumière, la faible lueur de nos cierges et de nos flambeaux ? Vigilance se plaignant de ce que de son tems on commençoit à établir dans quelques Eglises cette coutume supersti­tieuse, disoit ; Nous voions que sous prétexte de religion on a établi dans l'Eglise la coutume des gentils, qu'on allume, pendant que le soleil éclaire, une quantité de flambeaux. Ce qui fit que le Concile d'Eliberi prononça anathéme contre ceux qui allumeroient des cierges en plein jour dans les Eglises. Can. 34. Vous joigniés aux illuminations l'encens que vous fai­tes souvent fumer devant vos Images, ce qui étoit encore une pratique Payenne. Nous vous demandons, disoit Arnobe aux Payens, d'où et depuis quel tems vous avès commencé à connoitre si bien l'encens, que vous puis- siés croire qu'il en faut donner aux Dieux, et qu'il leur sera agréable. Arn. Lib. 7.
Je pourrois pousser plus loin le parallele, car les Payens comme vous portoient les images et les simulacres en procession, ils les baisoient, ils leur attribuoient des miracles semblables à ceux que vous leur attribués. Les Troyens avoient la statue de Pallas qu'ils prétendoient être descendue du Ciel, comme vous le dites de vôtre Dame de Liesse et de celle de Monfer- rat. La statue de Junon, selon les Payens, et celle de la Fortune avoient parlé, comme vous le soutenés de quelques unes de vos images. Les Payens vouloient aussi que leurs images eussent quelque fois sué, pleuré, répandu du sang ; vous dites la même chose des vôtres. Vous voila donc à tous égards dans un parfait niveau avec les Payens dans le culte que vous rendés aux images.
 Mais, dirés vous, les Payens bornoient leur culte à l'image ou à l'idole qu'ils avoient consacrée, et en cela ils étoient véritablement Idolâ­tres. C'est ce dont ils ne convenoient pas. Tu te trompes, dit le Payen dans Arnobe au Chrétien, car nous ne croyons point que l'airain, l'or et l'argent et les autres matières dont sont composées les statues, soient elles mêmes Dieu ; mais nous servons Dieu en elles, et nous vénérons ceux qui y viennent habiter par la vertu de la consécration. Arnob. lib. 6. voyés aussi Lactance lib. 2. Cap. 2. Origene contre Celse lib. 7. c'est ainsi que les Payens pallioient leur idolâtrie ; c'est aussi ainsi que vous tachés de la pallier, puisque vous tenés le même langage contre nous ;