Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “minis­tre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.

Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...


mercredi 22 février 2012


à l'ame du trépassé ; Libera me, domine, de morte aeterna, in die illa tremenda, quando caeli movendi sunt et terra, dum veneris judicare seculum per ignem. Vous demandés à Dieu dans cette priere au nom du trépassé de le délivrer, non du purgatoire, qui n'étoit pas encore-connu dans le tems qu'elle fut compo­sée ; mais de la mort éternelle ; et quand demandés vous que son ame ensoit délivrée, non immédiatement après la mort ; mais au dernier jour, dans ce terrible jour où les Cieux et la terre seront ébranlés, jour auquel le seigneur viendra juger le monde par le feu, comme l'enseigne s.t Pierre. Vous trouvés donc encore dans cette prière des vestiges du sentiment des Peres de l'Eglise sur l'état de l'ame après la mort. Ils croioient, comme je viens de vous le faire voir, que les ames tant des justes que des injustes étoient enfermées dans un lieu souterrain jusques au dernier jour, et ils prioient Dieu 1°. de glorifier de bonne heure les fidèles en hatant leur résur­rection Liturgia Chrysostomi. 2°. qu'ils eussent leur juge propice, et ne fussent pas traités avec rigueur. Chrysost. in Math. Homil. 32. Tel étoit le but des prières que l'Eglise faisojt alors pour les morts, bien différent de celui que vous lui attribués. Donnés, Mon très Cher Frere, tant qu'il vous plaira, le nom de fatras de récit aux raisons que j'allègue, pour convaincre vôtre Eglise d'enseigner des doctrines qui ne sont fondées ni sur l'Ecriture, ni sur la croyance de la plus pure antiquité, les authorités sur lesquelles je fonde mes raisonnements, n'en sont pas moins valables. Si pour avoir gain de cause, il suffisoit de dire, ce sont des chicanes que l'ignorance et la malice des heretiques des derniers siècles ont suscitées contre les Catholi­ques ; je vous avoue qu'il y a long tems qu'on vous auroit cédé le champ de bataille ; mais heureusement, il y a long tems aussi que l'on a reconnu que quand on n'a pas de bonnes raisons à alleguer, on se retranche sur des généralités, et on en vient même souvent à des invectives, les noms odieux d'heretique et de schismatique ou de novateurs ne coûtent rien dans la bou­che de ceux qui feroient brûler les Apôtres mêmes, s'ils revenoient au monde, parce qu'ils ne voudroient point recevoir des doctrines dont ils ont défiguré le Christianisme.
Lorsque je vous ai dit que nous admettions l'authorité des Conciles, je ne l'ai entendu, qu'autant que ces Conciles dans leurs décisions se confor- moient à la doctrine que Jésus Christ et ses apôtres avoient annoncés, puis­que, comme l'enseigne s.t Paul, quand un Ange même nous annonceroit un Evangile ou une doctrine différente de celles des (...) *