Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “ministre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.
Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...
dimanche 26 février 2012
la voilà Dieu, lorsque
l'homme la voulu et la dédiée. Il en est de même de vos images, desquelles ont
été consacrées, ce n'est plus une simple peinture, c'est un Dieu, c'est un
saint ou une sainte, à qui l'on doit le même honneur qu'à l'objet qu'elle représente,
comme disent vôtre St Thomas d'Aquin, le Cardinal Bellarmin. Thom. 3. part,
quaest.25. Bellarm. de Imag. sanct. 2. cap. 10. C 'est à dire que l'on
doit rendre aux images de la Trinité le culte de latrie ; à celles de la
bienheureuse vierge le culte d'hyperdulie ; et à celles des saints celui de
dulie. De là les prières que vous addressés à la Croix et aux images suivant la
doctrine du même s.t Thomas. Nous parlons, dit-il, à la Croix, comme nous
ferions à celui qui y a été attaché. Thom. 3. part. sum. quaest.5. art. 4. Et
dans vôtre Vexilla Régis prodeunt, vous dites on vous addressant à la Croix ;
Je vous salue en ce tems de la passion, ô Croix qui êtes mon esperance unique,
augmentés la sainteté des justes et pardonnés aux coupables ; en quoi vous imités
ces Idolâtres à qui le Prophète Osée reprochoit d'avoir fait leur demande au
bois. Osée. chap. 4. v. 12. Et en une autre oraison que vous faites à ce que
vous appellés le s.t. suaire donné à la Véronique, vous demandés à cette image
qu'elle vous purifie de toute tache, qu'elle repande la lumière dans vos cœurs
par la vertu qui lui en a été donnée ; et ensuite vous conclués ; Conduisés
nous, ô bienheureuse figure dans nôtre propre patrie pour voir le pur visage de
Christ. Tel est, Mon très Cher Frere, le sentiment de vos Docteurs les plus
respectables, telle est aussi la pratique de vôtre Eglise ; vous êtes donc
encore à cet égard dans le cas des Payens, et exposés par conséquent aux mêmes
railleries et aux mêmes reproches que les Prophètes et les Peres de l'Eglise
leur faisoient à cette occasion.
Les Payens ainsi que
vous avoient des luminaires dans leurs Temples comme on le voit dans le 6e.
chap. de Baruc, où il est parlé de l'idolâtrie des Babyloniens. Le Cardinal
Baronius pour excuser cette superstition, employe les mêmes raisons dont se
servoient les Payens, alléguant les paroles de Seneque qui dit que s'ils
allument des luminaires dans leurs Temples, ce n'est pas que leurs Dieux aient
besoin de clarté ; mais que cela se fait par dévotion. Cette coutume de tenir
des lampes allumées étoit si commune parmi les Payens, que les Peres des 1ers
siècles s'en sont souvent moqués, comme d'une superstition ridicule. S'ils
daignoient contempler disoit Lactance, cette clarté que nous appelions le
Soleil, ils connoitroient bien que Dieu n'a pas besoin de leurs lampes. Lact.
lib. 6. cap. 2. Pourra-t-on donc croire, ajoute ce Pere de l'Eglise, que
ceux-là soient en leur bon sens qui offrent