Deux frères (de Grandbois/ Fougereux de Grandbois) , l'un conseiller du Roi à Clermont-Ferrand, l'autre réfugié à Genève et devenu “ministre”, s'engagent dans une controverse théologique de haut niveau.
Il s'agit de tout un lot de manuscrits datant des années 1754, 1755 et 1756, découvert dans les archives privées d'une famille aujourd'hui catalane. J’avais publié cette curieuse correspondance qui est une bonne introduction aux théologies catholiques et protestantes (caractérisant les débats plutôt du XVIIe siècle) dans la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuses de Strasbourg ... Je viens de retrouver les amis qui conservent ce “trésor historique “ dans leur grenier !...
vendredi 24 février 2012
les Payens etoient même
plus raisonnables à cet égard, car ils n'ont jamais dit que l'on devoit adorer
d'une même adoration l'image et ce qu'elle signifie ; et afin que vous ne
croyés pas que je vous en impose, prenés la peine de lire le 4e
canon du 2e Concile de Nicée sur la fin. Ce ne sont pas, disent les
Peres de ce Concile, ce ne sont pas deux adorations, mais une seule et même
adoration, celle de l'image et de celui qui est représenté par l'image.
Constantin Evêque de Constance qui y assista, dit en plein Concile ; Pourquoi
je rens aux images le même culte d'honneur qui est dû à la vivifiante Trinité ;
et celui qui refusora d'en faire autant, je l'anathematise comme Marcion et
Mânes. Sentiment qui fut aprouvé par le Concile, et confirmé par la pratique de
vôtre Eglise ; en effet quelle sorte d'honneur pourriés vous rendre à Dieu ;
que vous ne déferiés aux images ; vous vous prosternés devant elles ; vous les
ornés ; vous leur allumés des cierges ; vous leur faites des encensements ;
vous les portés en procession ; vous les élevés sur les autels ; vous allés
vers elles en pelerinage ; vous leur attribués des miracles ; vous y mettés
vôtre confiance ; que dis-je, vous les priés, comme je vous ai fait voir c'y
dessus ; en parlant de la Croix et de l'image du s.t Suaire. Je conclus cette
matière par ces paroles de Théodoret ; C'est le Démon qui a fait faire les
simulacres pour l'usage de ceux qui n'ont pas l'usage des lettres, afin de les
porter par ce moyen à la superstition Theod. serm. 7. et il a raison de parler
de la sorte, puisque l'Ecriture dit que le bois n'enseigne que des vanités, et
que les images sont des Docteurs de mensonge. Jeremiè chap. 10. et que Dieu
commande de jetter les images aux taupes et aux chaves souris, comme des
ouvrages aveugles à des animaux aveugles. Isaie chap. 2. v. 20.
Je ne sai, Mon très cher
Frere, d'où vous avés pris que nous ne recevons point comme canonique l'Epitre
de s.t Jaques ; mais on vous en a imposé ; il est vrai que nous mettons parmi
les livres Apocryphes les livres des Maccabées, parce que les Juifs, de qui les
Chrétiens ont reçu ces livres, ne les ont jamais reconnus pour canoniques ;
parce que les Chretiens pendant plusieurs siecles ne les ont point mis dans
leur canon ; et parce que ces livres contiennent plusieurs choses indignes de
l'Esprit de Dieu. Mais supposé même que le second Livre des Maccabées fut
divin ; Prétendriés vous tirer de la prière que les Juifs firent pour leurs
morts, la doctrine de vôtre Purgatoire. Tertullien de corona militis avoue que
l'usage de prier pour les morts vient de la coutume et non de l'Ecriture,